La nouvelle demande à être officialisée, mais il serait acquis que l’étalon national Workaholic serait transféré dans la circonscription de Villeneuve sur Lot l’an prochain.
Considérée comme effective par plusieurs membres des Haras Nationaux, comme par des membres de l’association d’éleveurs du Sud Ouest (le G.E.T.S.O.), la nouvelle du départ de l’étalon vedette du Haras du Pin, risque de faire grand bruit sachant que l’établissement public n’avait jusqu’alors jamais déplacé une vedette de son parc-étalons.
Dans une région où l’on demandait fort légitimement l’envoi par l’administration d’un étalon de premier plan, au pedigree américanisé, la venue du fils de Speedy Crown sera donc vu comme un aboutissement.
Le rôle des Haras étant notamment de fournir des reproducteurs de qualité dans toutes les régions d’élevage trotteur en France, voilà donc une décision logique. Car il est certain que toutes les meilleurs juments ne sont pas systématiquement situées en Normandie-Maine. D’ailleurs, Hermès de Péricard, actuel fer de lance des produits du seul sire « made in U.S.A. » de France, est lui-même nait dans le Sud Ouest.
Maintenant, cette décision n’est elle pas un peu tardive ?
Arrivé en France en fin
1988, Workaholic s’est vu alors proposé le plus beau carnet de bal jamais offert, ce qui fut ponctué par des résultats tonitruants de sa première production française, parmi lesquels les vainqueurs classiques Cygnus d’Odyssée, Carpe Diem et Classe de Tillard. Plébiscité par tous les éleveurs (hormis Albert Viel et un moment Roger Baudron), ses services atteignirent des tarifs (60000 FF) jusqu’alors impensables pour un étalon national. Puis comme toujours, les modes passent … celui qu’on adulait fut décrié sur ses capacités à reproduire, tant en qualité qu’en quantité ! A cet époque, il aurait été judicieux d’envisager de faire « tourner » quelques saisons le cheval, qui suscitait malgré tout la convoitise d’éleveurs excentré de la
Basse Normandie.
Prenant 19 ans l’an prochain, Workaholic avait consécutivement à son arrivée, été victime de problèmes de santé; et il est toujours stressant pour un cheval de rompre avec 12 années de vie dans le même environnement.
Qui plus est, Workaholic est bien le seul étalon en France à avoir 75 % de qualifiés dans les « J », là où d’autres, bénéficiant aussi d’une production nombreuse avec une jumenterie de premier ordre, atteignent 50-55 % de produits ‘97 qualifiés. Par ailleurs, les « vrais » bons fils de Workaholic débutent brillamment au haras. Le père au loin, les éleveurs d’au dessus de la Loire pourront toujours bénéficier de ceux-ci … ou malheureusement d’autres, dont l’agrément (et la convoitise) en tant qu’étalon laisse bien souvent songeur !
Il est certain que les éleveurs du Sud Ouest saurons profiter de l’opportunité. Mais il faut bien garder présent à l’esprit qu’un étalon n’est pas toujours présent là où on l’attend.
Ainsi Workaholic, meilleur 2 ans de sa génération aux U.S.A., fut décrié par les éleveurs Yankees, sa production étant qualifiée de mauvaise, se révélant en fait trop tardive pour s’exprimer sur le circuit Nord-américain. Croisée à la jumenterie française, dans le but d’apporté vitesse et précocité, bon nombre de gens pensaient détenir des 2 ans à exploiter rapidement … et furent finalement peu satisfaits du résultat, et donc des qualités de reproducteurs de Workaholic.
Avec le recul, il s’avère que certains n’ayant pas bousculé ses produits ont parfois été bien récompensé …











