La nostalgie n’est plus ce qu’elle était

Naples incarne la nostalgie.
La nostalgie, quand au petit matin, nos rêves emportent notre cÅ“ur au temps de l’ enfance.
Ici, on est nostalgique.
Il faut dire que cette ville est hors du temps et hors du monde.
Ca sent bon l’Afrique.
On vend des cigarettes de contrebande tombées du camion.
On monte le pain et le journal aux étages dans une bassine suspendue à une ficelle.
Par contre, la bella ragazza sur sa Vespa porte désormais un casque et quelques excentriques s’arrêtent (parfois) au feu rouge !
Et incroyable, j’ai vu un restaurateur jeter ses ordures dans un conteneur…
O tempora, o mores.

Mais c’est si bon la nostalgie.
« J’ai le mal de toi parfois, même si je ne le dis pas, l’amour c’est fait de ça » faisait dire un académicien à un apatride.
Nostalgique de Varenne et de sa triple victoire dans la Loterie.
En 2002, une course de légende face à Victory Tilly, « l’incoronazione » disait l’affiche officielle avant le combat, le couronnement.
Toute ma vie, je courrai à la recherche de ce nouveau Varenne et il est probable que je ne le trouverai jamais.
Mais cet espoir, mon « inaccessible étoile », me fait parcourir le monde sans relâche.
Comme une femme que l’on a aimée éperdument et qu’on ne reverra plus, mais qui continue à marcher dans nos rêves.

Nostalgique aussi du beau sourire d’une jeune reporter et de notre première conversation futile à l’arret du bus de l’aéroport de Goteborg.
C’est bon la nostalgie, c’ est une intra-veineuse de bonheur qui coule encore lentement dans les veines des années et des décennies plus tard.
Et puis Naples, c’ est envoutant.
Le théâtre San Carlo.
Une de ces merveilles qui vous coupent le souffle, la beauté à l’état pur.
Comme le Taj Mahal, Abou Simbel ou le Pavillon d’or.
Après avoir vu çà, on peut mourir en paix.

Sinon, il y a aussi des courses à Naples!
Quoi en dire ?
Qu’ Agnano serait classé en 3ème catégorie en France (et encore).
Qu’une fois n’est pas coutume, il faisait un temps de Toussaint (et j’étais venu en tee-shirt, le poids des habitudes, l’ age est une déchéance).
Que l’assistance était famélique.
Que les courses agonisent en Italie.
Que dès l’éliminatoire, on a senti que çà ne le ferait pas pour Oiseau de Feux.
Que le compte n’a pas été bon en finale malgré un parcours idéal.
Que l’on avait un peu vite oublié la performance extraordinaire d’Island Effe cet hiver à Vincennes, restée sans lendemain d’ailleurs.
Sur 200 mètres, c’ est peut être le trotteur le plus rapide d’Europe.
Réponse le 31 mai contre … son compatriote Igor Font.
Pipo Gubellini qui a gagné tous les classiques italiens sauf celui là, exultait de bonheur et rejoint dans le palmarès des drivers son père Eduardo, … l’entraineur de la diva du jour !

Mais l’essentiel est ailleurs et ici, on en viendrait rapidement à s’en foutre comme de sa première blénoralgie de la grippe mexicaine (sauf si on interdit la vente des Pépitos, ce qui serait là, pour de bon, un grand drame personnel).
Tiens, demain, j’irai faire un tour à Capri (et là, tout le monde est mort de rire).
Je sais : « nous n’irons plus jamais où tu m’ as dit je t’aime ».
Je sais : « parfois, je voudrais bien te dire recommençons mais je perds le courage sachant que tu diras non ».

Comme Santiago, le héros de l’Alchimiste, il faut parcourir le monde à la recherche de son Graal, à la poursuite du bonheur.
« Le trésor n’est pas caché, il est juste là à nos pieds, dévoilé ».
Beaucoup plus tard, enfin pas maintenant, j’irai m’asseoir sous mon sycomore.
D’ici là, je citerai à l’envi Ernesto « Ché » Guévara :
« Soyons raisonnable, exigeons l’impossible ».

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