Le soleil brille déjà au matin de ce 1er Mai, je me prépare: il me faut juste un appareil photo et quelques feuilles pour écrire « Ce que mon cÅ“ur en dit » Dehors tombe cette pluie de pétales roses, recouvrant partiellement ma voiture. j’aime le cadeau printanier et éphémère des Sakuras donnant les premières notes de couleurs au printemps, ma saison préférée.
Je me hâte, j’ai besoin d’entendre le bruit sourd et sec des sabots. Ma curiosité est à son apogée, Franck Nivard sera présent.
13H, je suis déjà sur les lieux mais je n’ai pas pu m’empêcher de rendre visite aux jeunes trotteurs du centre d’entraînement de Longuenesse qui foulent quotidiennement les pistes de cet hippodrome.
Ils sont excités: non loin d’eux, les engagés effectuent leurs derniers tours avant la première course. Un jeune mâle me suit en trottant nerveusement dans son paddock. Tout en le caressant, je lui murmure à l’oreille que bientôt son nom sera sur une liste de partants, qu’il portera les couleurs de son propriétaire avec fierté. Son oeil brille, il est heureux. Je les aime tellement que je leur parle, je suis certaine qu’ils comprennent. . Je jette un dernier regard vers lui avant de me rendre à l’hippodrome, il galope, la queue en panache, il est splendide.
On l’appelle « hippodrome de Saint-Omer » mais il est situé à Longuenesse en face d’une prison, ça m’amuse de l’écrire parce que le cheval est pour moi signe de « liberté ». « Saint-Omer » n’est pas grand et flirte timidement avec l’aérodrome basé tout près: et si je faisais mon baptême de l’air dans un de ces petits avions de loisir?
Je note mes ressentis, collée à la rambarde de sécurité, l’appareil à la main, impressionnée par la finesse d’un QUENAVO TEJY, la robe d’une POLKA DU JOUAN. Certaines personnes se perdent à loucher sur mes commentaires mais déçues, elles tournent vite les talons à la recherche « d’un tuyau » . ça me fait sourire, mes mots ne parlent que d’allure, de regard, de robe et de nom. Mon bonheur, c’est les voir, les approcher, les deviner. Je les suis parfois dans les allées, immortalisant d’un cliché leur beauté. Je retiens quelques noms comme RIVENO qui a gagné la course du Prix du Croisé Laroche: je suis contente d’avoir croisé son chemin.
J’aime aussi ROXANA D’ARC, superbe pouliche, seconde du prix du crédit Agricole Nord de France.
Puis il y a eu le lauréat du Prix d’Amérique, Franck Nivard qui nous a fait honneur de sa présence et qui a terminé second du Prix de la Capelle avec QUICK RIGHT.
Dans les hippodromes de Province, ils t’observent, debout dans leur van, les oreilles droites, le corps fin et musclé, attendant leur tour pour entrer en piste. Quand ils ont fini de courir, ils se laissent photographier, parés d’une couverture, l’Å“il vif et curieux pour certains, apaisés pour d’autres. Puis il y a les promeneurs circulant eux aussi dans les allées, flirtant avec la douceur du soleil, tout cela sous le nez de nos athlètes préférésJe me perds à vouloir lire dans leurs pensées mais ma passion me rappelle vite à elle. J’aurais voulu immortaliser chacun d’entre eux, dommage que le temps me manque cruellement..











