Et si c’était lui

J’aime m’échapper, voyager vers de nouveaux horizons. Je pensais qu’un exil dans les Alpes suffisait. J’adorais son silence, ses senteurs, ses couleurs mais dans mon cÅ“ur, je n’ai jamais cessé de penser aux chevaux. D’ailleurs, à chaque printemps, je me précipite pour voir les yearlings proches de chez moi, mon plaisir étant de découvrir les « nouveaux ».

Un jour, en me rendant à Vincennes, le Temple du trot, ma vie a été bouleversée. C’était en pleine semaine, un mardi soir: dès que je l’ai vu, je l’ai aimé. J’étais tombée sous le charme de QUALMIO DE VANDEL, mon petit trotteur au « gros moteur » . Depuis lui, les portes de l’enchantement du trotteur français ne me quittent plus. J’ai beaucoup écrit de poèmes sur lui et il me tarde de le revoir mais mon engouement pour les courses de trot me donne des ailes ce qui m’amène à vous raconter ma dernière réunion.

Il suffit d’une date, d’un rendez vous avec les amis et me voici partie en direction de Caen, un hippodrome charmant, une « vaste étendue rose bercée par une haie d’arbres » me suis-je dit en le voyant, le tout coloré de pensées souriantes, signe d’une journée réussie. Le soleil s’est invité ce jour là et les chevaux.

Parcourir les allées parsemées de boxes dans lesquels nos athlètes reposent, attendant patiemment leur course ou leur jour de gloire, découvrir le visage d’un ami éperdument épris d’un SCIPION DU GOUTIER, le regard brillant laissant doucement émerger un sourire d’enfanta-t-il alors rêvé de le driver, de le caresser, de le posséder?
Je n’ai pas osé interrompre cet instant, cet extase passionné mais j’ai tenté de le deviner en l’observant.
Nous suivîmes ce cheval, monté par Franck Nivard. Il termina second derrière SURABAYA JIEL, à l’issue d’une course exceptionnelle.
D’autres chevaux nous enthousiasmèrent, que ce soit pendant leur course ou dans les allées, comme ce superbe RACER BOURBON ou encore l’élégant REX DE VANDEL. En parlant de lui, je me suis aperçue que le nom « de Vandel » m’attirait particulièrementEtrange parfois
Durant cette belle journée, j’ai eu l’honneur d’assister à la douche des deux ORLANDO après leur course. Ils m’ont amusée, plaquant leurs oreilles en arrière en fonction de l’orientation du jet d’eau, l’air détaché, dédaigneux parfois mais ça n’enlève en rien leur beauté.

Ce jour là, arrivant de nulle part, je le vis sur la piste, tel une apparition soudaine, accompagné d’un driver vêtu de blanc (mais je pense que c’était monsieur Bazire), allongeant avec magnificence les jambes, un corps parfait, une tête superbe. Il était à Caen « juste pour s’entraîner ». Mais ce jour là, mes lèvres ne prononcèrent qu’un seul nom: SO LOVELY GIRLEt si c’était lui

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