Je suis en vacances.
Je mange des Magnum et je sirote du Fanta.
Une barbe poivre et sel me dévore le visage.
Donc, je suis en vacances.
Après avoir parcouru les cinq continents, je suis désormais certain que le plus bel endroit du monde, ce n’est pas nécessairement celui du dépliant touristique.
J’ai vu Abou Simbel, le Tajmahal, le Pavillon d’or, le Grand Canyon, le Kilimanjaro, Tikal, le Golden Gate et le Pont de Brooklin, Soweto, Bethléem, Bora Bora, la Digue, Petra, le Nil et le Mékong, et plein d’autres merveilles…
Mais le plus bel endroit, « c’est là que tu te sens chez toiâ€.
Pour ma pomme, l’adresse, c’est : The Résidence, tout là bas, à Grand Mare, Ile Maurice.
C’est un hôtel tout blanc, de bois, de pierre et de vent.
â€J’ai laissé ouvertes mes persiennes, les voix ressemblaient à la sienneâ€.
Mon petit chez moi, c’est Malmo.
J’y viens chaque été.
Cà se mérite Malmo.
Cà ne figure pas dans les guides et c’est très bien ainsi…
Il y a des vieilles maisons et des jeunes filles (c’est mieux que l’inverse).
Cette année, la ville est envahie par les coccinelles et par des nuées de papillons orange et marron.
L’année dernière, il y avait même des méduses !
Par 55 degrés de latitude nord, cherchez l’erreur
Ma défunte grand mère, native de l’an 3 du 20ème siècle, avait connu la Grande Guerre et de ce fait, se méfiait (à juste titre) du progrès.
En substance, elle disait qu’avec tous ces satellites dans l’espace, « ils » allaient finir par détraquer le climat.
Une visionnaire !
Mais revenons à Malmo.
Dans mon billet du même endroit, il y a un an, je citais deux héroines restées fidèles au poste au bled.
C’est saugrenu, mais toutes deux ont choisi les joies de l’enfantement (elles ont dû se concerter ?).
« Et bien notre précieuse était une héroine » déclamait Cyrano à l’envoutante Roxane.
Donc, plus de SMS, vautré sur la pelouse de l’hippodrome : elles n’ont pas une minute pour me répondre, un qui pleure (il crève la dalle) et l’autre qui a un pied gauche pour taper dans la cloison, mieux que Christiano Ronaldo !
A ces enfants qui bâtiront le troisième millénaire : qu’ils vivent de passions, qu’ils soient « insoumis et heureux ».
Qu’ils pensent que demain est toujours un jour plus beau qu’hier.
Je repense à mon enfance, je ne savais même pas où était la Suède.
Heureusement, il y eut ensuite Bjorn Borg (qui battait toujours ce cabochard de Mac Enroe).
« Les fées n’étaient pas du voyage, quand j’étais gosse dans mon quartier ».
Alors Malmo …
Je n’étais jamais allé plus loin que Damgan, Morbihan, et en R8 : il fallait s’arrêter toutes les heures pour gerber, forcément cà faisait baisser la moyenne.
Donc, je suis un privilégié.
A Malmo et ailleurs.
J’en oublierai presque le détour par l’hippodrome de Jagersro.
Dire que Torvald Palema, qui ne m’avait pas impressionné plus que cà dans l’Elitloppet, m’a cette fois laissé pantois.
Il les a transpercés, finissant probablement en moins de 1′08″ les derniers 500 mètres (sur une piste roulante, dure et sans un souffle d’air).
Dire que Lavec Kronos a trotté 1′10″ 2 à la rigolade, made in Kolgjini, qui m’aime me suive.
Aussi que le cheval le plus prometteur du plateau est surement Marco di Jesolo, un sculptural fils de l’étalon ressuscité, Daguet Rapide.
Son propriétaire est l’écurie Hercule, un nom prémonitoire !
Qu’une petite française, vraiment pas commode, a démontré de la qualité, une certaine Rabane d’Atout (une Jag de Bellouet).
Voila, aussitôt en rentrant, j’ai fait la tournée de tous les rades, j’ai noyé ma joie dans l’alcool.
Au bout de 5 bières, 3 téquilas et 6 margaritas, je suis plus fluide en anglais (saleté de prof en 6ème, elle ne m’avait pas donné le tuyau, la garce).
Après, la fraicheur de l’océan m’a fait retrouver mes esprits dans la matinée (un jour je vais me noyer ; nb : ayant beaucoup fait don de mon corps de mon vivant, je souhaite continuer post mortem).
J’ai cru avoir des hallucinations : je voyais des canards et des oies sauvages au milieu des rues.
Normal, on est à Malmo !
Il me reste encore tant de choses à découvrir, ici et ailleurs :
« J’ai dans les bottes des montagnes de questions où subsiste encore ton écho ».











