Les nuits cendres

Je rêvasse dans les brumes évanescentes d´un matin glacial.

Une ravissante blonde en uniforme bleu marine, lavallière impeccable, me dit « hei » avec un sourire à se damner.

La version scandinave du moustachu au pif crête de coq et à l´haleine fétide « contrôle des billets ».

Donc je suis en Suède.

Dans le train.

Le train pour Eskilstuna , un nom inconnu, à l´exception des fans de Mickael Blomqvist et de Breeders Crown.

Dernière étape de ma tournée 2009, pas de souvenirs particuliers sur le plan hippique, Järvsöfaks excepté.

Ma Planète Courses a changé d´étoile et je ne retrouverai jamais le parfum envoutant des premières heures.

« L´espoir fait mourir parfois, vois tu ce qu´il a fait de moi ».

Tiens la semaine dernière, je suis allé incognito à San Siro pour l´Orsi Mangelli.

Soit dit en passant, j´ai vu gagner un sacré cheval, Mago d´Amore, le magicien de l´amour, un sobriquet dont certaines femmes – de goût – m´ont naguère affublé (la devise : je te baise et je disparais).

C´était ma 100ème sortie hors des frontières.

A 2.000 km de moyenne, ca fait 200.000 bornes pour la gente équine, 5 fois le tour de la terre !

Si seulement j´avais fait ca pour une femme, ne serait ce que la moitié, elle m´aurait sans doute épousé ?

Drôle d´année cette cuvée 2009.

« Le chagrin des départs » et des « coups de vent affectueux ».

Plus que jamais, il aura fallu « du coeur et un mental de résistant ».

C´est mystérieux l´automne en Suède : « et quand le soir se pose, c´est bleu , c´est gris, c´est mauve et la nuit par dessus les toits ».

Comme il n´y a plus de jeunes filles en mini jupe (ou avec des collants de laine, c´est de la triche), il faut chercher le plaisir ailleurs : un truc de cérébral, c´est pas gagné…

A quoi pouvait il bien penser l´autre soir ce chérubin blotti, lui qui ne sait pas encore la différence entre l´enfer et le paradis ?

J´aurais donné toute ma fortune pour être à sa place : « des milliards de dollars pour ce délicieux hasard ».

Le bonheur …

Avant la réunion, ici, on chante l´hymne national, bien loin des identités nationales ; on a le frisson et les larmes aux yeux.

Rien que pour entendre ca tous les jours, j ´aurais dû épouser Terese Alshammar !

Du côté piste.

Dire que Viola Silas, une biquette alezane, est restée invaincue dans la nuit noire à … 14h30 (très mauvaise destination pour les surmenés de France Telecom – a contrario, on est pas en retard pour faire un câlin à maman dans le lit conjugal).

Que comme dans la pub Ovomaltine, j´ai 10 secondes pour vous dire que Red Hot, c´est de la dynamite.

Même si la mèche était un peu mouillée, le cheval (une peinture) semblant bien émoussé en cette fin de saison.

En parlant de saison, il faisait si humide que les braseros étaient de sortie (comme dans les Tontons Flingueurs : «  »qu´est ce qui te dérange ? le climat »).

Que Yield Boko a gagné d´un centimètre grâce à l´homme au casque et aux mains d´or, Björn Goop.

 » Je voudrais travailler encore, forger l´acier rouge avec mes mains d´or ».

Pour arriver à ses fins, trois coups de cravache, pas un de plus.

Petite cause, grands effets, au pays de la tolérance zéro (l´anti Vincennes) : trois jours de suspension.

Quarcio du Chene devra se trouver un autre pilote s´il court le Prix de Chenonceaux.

Que si Jodas Julia ne gagne pas un quinté cet hiver à Vincennes, je ferai un refus poli le jour où Scarlet Johansson me demandera en mariage (c´est imminent, Voici va reprendre l´info).

Qu´Ibiza Broline a eu l´excellente idée de me remémorer son géniteur, le cheval d´une vie, Varenne.

Une bien belle partie de campagne que cette Breeders Crown glaciale (j´ai salopé mes Puma toutes neuves) : Sundbyholm est au milieu des champs à 10 km d´Eskilstuna, un patelin de cocagne où les magasins ferment à 16 heures !

Train de retour, direction Stockholm pour souffler – en avance – une bougie miraculeusement rallumée.

Le Prix d´Amérique est très loin et c´est très bien ainsi.

Je ne suis même pas sur de resigner mon contrat – mirifique – pour cette épisodique digression en 2010.

J ´ai l´esprit ailleurs, j´écoute en boucle ce duo si improbable :

« A chacun sa ruée vers l’or, j’accélère à travers la brume
Puisque mon temps est limité, mes choix doivent être à la hauteur
C’est une course contre la montre ou une course contre la peur
C’est toujours la même chevauchée, on vise la lueur droit devant
Même si cette quête est insensée, je cours pour me sentir vivant »

L´ombre et la lumière…

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