En direct de tout là bas (Sundsvall)

Sundsvall, 62 degrés de latitude nord.
Il faut avoir envie pour venir ici.
Cà tombe bien.

La route est longue (400 km au nord de Stockholm), mais exceptionnelle.
Lacs, forêts, ciel bleu ; bleu, vert, bleu.
La traversée est sans fin et l´on se croirait dans un remake de la série "les envahisseurs" ; on ne sait pas bien si l´on retrouvera la sortie.
C´est la route, aussi belle et avec autant de plaisir que celle que l´on parcourt dans les grands espaces de l´Amérique du Nord.

Volvo S80, boite automatique, cruise control, cool.
Sans cesse ces panneaux qui font les délices des touristes et qui demandent de prendre garde aux élans qui peuvent traverser la route (ca change des vaches).
Pour ma part, j´ai vu des autruches (un mirage ?) et j´ai failli écraser un écureuil , mais pas d´élan à l´horizon.

L´hippodrome de Bergsåker est au bout de ce long chemin : un magnifique écrin engoncé dans les collines, un lac au milieu, des maisons rouges, un paysage de carte postale.

Un petit défilé de voitures anciennes pour ouvrir le bal : une 2 CV et une CX, mais point de Jacques Chirac dedans !
Le concessionnaire local fait défiler des autos sur la piste, classique, puis ... une caravane !

Coté climatique, 21 degrés et ciel azur, mais un vent à décorner les ... élans, très violent dans la ligne d´en face (il a même fallu décrocher les panneaux publicitaires).

L´homme du jour est incontestablement Örjan Khilström qui a aligné la bagatelle de six victoires, en déployant toutes les tactiques du manuel.
A noter que l´une d´elles l´a été avec le pur francais QUARTZ DE LA CROIX, un Jain de Béval alezan qui a mené 3.140 mètres et n´a jamais revu personne.

Pour le Sundsvall Open Trot, disons simplement que vu le niveau des compétitions pour chevaux d´age en Suède, si on fait 20 fois la course, on aura 20 gagnants différents.
L´élu du jour est GIANT SUPERMAN, un cheval dont on sait tout, y compris ses limites.
GOING KRONOS a été battu sans excuses après un bon parcours ; toutes ces courses dures à 4 ans, ce n´est guère rassurant pour son avenir (sans parler du voyage : il y a plus de route entre Malmö et Sundsvall que, par exemple, entre Grosbois et Milan).
On ne voit pas bien le motif de l´envoyer au Canada (sauf les intérets - légitimes - commerciaux pour sa carrière de reproducteur).
MY LOVE LADY s´est fait piéger, pas de dos et obligée d´attaquer en face dans un vent de fin du monde.
N´est pas Jean-Michel Bazire qui veut...
A ce sujet, comment ne pas penser qu´OISEAU DE FEUX n´aurait fait qu´une bouchée de tout ce menu frottin ; mais on ne réécrit pas l´histoire.

Donc sportivement, le dépit ?
Pas du tout !
Merci qui ? Merci JÄRVSÖFAKS qui courait avec ses enfants, au propre et comme au figuré !
Quatre de ses fistons, plus signés les uns que les autres, étaient de la partie.
Mais respect filial oblige, aucun n´a taquiné "papa" qui s´est promené, fringant comme un poulain du haut de ses 13 ans.
189 courses dans les guibolles et pas une ride.
165 victoires et toujours la même émotion pour ses fans (dont son très grand admirateur made in france, ma pomme).
Plutot que nous sortir une chanson genre "simply the best" (ou "la vie en rose" si c´est un frenchie !), là on passe une bluette intitulée ... JÄRVSÖFAKS.

La reine, Carolina Kluft et "Faksen", les trois héros de la Suède.
Rien que pour cà, on a bien fait de venir !

Philippe Beaudoux – 25 Août, 2007 – 21:42