La World Cup du Trot est finie avant d'avoir commençé
La belle idée.
Une Coupe du Monde du Trot, rien que çà.
Après la mascarade de 2006 et la "sublime" finale sur un champ de patates tatares.
Donc, l'évènement qui arrête la planète pour le football, tout pareil.
Au moins en 2007, on prend des épreuves existantes et dont le prestige est indiscutable.
Au moins, on se réunit sur des pistes irréprochables en qualité, même si l'une d'elles (le tourniquet de Montecatini) est très particulière.
Reste à trouver la formule et là ...
Cette année, trois manches nord-américaines et trois manches européennes, une finale à Vincennes.
Quatre victoires dont la finale, et à moi le million d'euros !
L'idée parait simple, sauf qu'elle se heurte à une multitude d'objections, difficiles prises individuellement et insurmontables une fois additionnées.
Pour les suédois (et donc les scandinaves), il y a depuis des décennies quatre groupes 1 dans cette période : Hugo Abergs Mémorial, Jubileumspokalen, Sundsvall Open trot et GP d'Aby dont ... un seul entre dans la WCT.
Pire, les trois derniers cités appartiennent déjà depuis plusieurs années à un autre challenge, dit Sweden Grand Slam, qui offre 600.000 euros et est, lui, parfaitement réalisable .
Côté français, est programmé en plein milieu le Critérium des 5 ans (une bagatelle), six jours après l'épreuve de Cagnes, sans parler du Prix d'Eté le 8 septembre (et ses 100.000 euros au premier).
Côté nord américain, outre la traversée de l'Atlantique (là aussi un détail), programmer une finale sur 2.700 mètres (avec descente et montée) est un signal de bienvenue certain pour un standardbred qui n'a jamais dépassé de sa vie le mile !
Beaucoup plus grave : en toute légalité, certains chevaux américains courent sous l'influence de médications (au vu et au su de tout le monde, c'est écrit sur le programme de courses), ces substances étant totalement prohibées en Europe.
Ainsi, le vainqueur du Nat Ray CORLEONE KOSMOS a gagné sous Lasix à Meadowlands, ce qui le condamne mécaniquement dans ce challenge.
Au mieux, tout çela respire l'improvisation et l'amateurisme, au pire l'escroquerie intellectuelle (sous le régime de la récidive diraient les juristes).
Après trois épreuves, le "rêve" est donc évaporé et les princes charmants sont transformés en crapauds.
Pas un scandinave ayant couru à Malmö n'est allé à Montecatini.
OISEAU DE FEUX (à propos duquel il faut saluer la sportivité de Fabrice Souloy) est parti au grand galop en Italie et ne s'est même pas qualifié pour la finale du jour.
Le 25 août à Cagnes, il ne sera pas là, Critérium des 5 ans oblige et si EL NINO vient (ce qui n'est pas certain), ce sera pour la gloire, ayant manqué Malmö.
Quant à CORLEONE KOSMOS, il ne "joue" plus depuis le premier jour.
Celà n'empèchera pas les dirigeants (français) de s'autocongratuler à nouveau, ce qu'ils firent en 2006 à Kazan avec un brio inouï.
Pas plus que de se gargariser avec ce titre extraordinaire (en football et même en rugby) de Coupe du Monde.
Quant à celui qui sera proclamé vainqueur, ce sera au sens strict du terme (quelle que soit sa qualité) un imposteur, comme le fut LADY D'AUVRECY en 2006 (et qui d'ailleurs - on le déplore - n'a pas gagné une course pendant les 11 mois suivants).
Le seul vrai challenge qui mériterait une prime, c'est le grand chelem, Prix d'Amérique, Loterie, Elitloppet et Breeders Crown la même année.
Un fabuleux exploit réalisable par un immense champion et ... réalisé en 2001 par VARENNE !
Mais que l'on se rassure, on mangera des petits fours et on boira du meilleur champagne offert par la richissime SECF.
Celà aura au moins une vertu, celle d'oublier l'espace d'un instant, l'arrivée inexorable des concurrents du PMU, respect du droit européen oblige.
Pour finir sur une touche légère, on citera le dialogue ciselé par Francis Weber dans le "Dîner de Cons" :
" Il a une belle tête de vainqueur. La classe mondiale... Peut-être même le champion du monde..."

